L’insécurité linguistique / Language Insecurity

(Le français suit)

A little shameless self-promotion, which will only really be accessible to you if you speak or understand French. Unless there are subtitles available somewhere. I haven’t checked for that yet. I can’t do everything, people.

Anyway, one of the wonderful projects I was lucky enough to be cast in (over Covid!) has been released, and it’s a really lovely coming-of-age / take-down-the-man webseries about renovictions in Toronto. It’s beautifully shot, the cast is terrific. I’m proud to be a part of it. It’s called Ainsi va Manu.

Here’s the trailer:

The full episodes are available here.

Insécurité linguistique

I was a little reluctant to even audition for the role of Mme Gisèle because even though I’ve written “fluently bilingual” on every resume I’ve ever written, every time a new opportunity arises in my mother tongue (yes, I learned French first, actually though I now consider it my second language. There’s a whole section for folks like me in the census!)

In high school, I always got good grades in French. I felt I spoke it more often than most people in school (an all French-language school I should mention – Not French immersion) Grammar and spelling didn’t seem to be too big an issue.

Until I got to university and it turns out grammar was a huge problem. The majority of my courses were in french in first and second year. When I got to second year, I wrote an assignment in French and got a 60%. I wrote a second, similar type of assignment in English and got a 90%. When I approached the teacher, he basically told me my French was shit, and corrected my anglicisms WHILE I WAS SPEAKING TO HIM.

This wouldn’t be the first time I had someone actively criticize my French mid-conversation.

I tried to maintain my French – working in Ottawa for almost a decade, working in France for a year.

A here’s a fun thing that happens in the workplace you might not know about – when people know you speak French in a predominantly anglophone environment, you become the go-to person to translate things between French and English – even though you are not, in fact, a translator and you have the skills to complete work more that isn’t translation-based. You often get assigned translations anyway. Hey! How about that.

I left Ottawa – our officially bilingual capital eleven years ago. Francophones are in the minority in Toronto and Southern Ontario. But we still speak the language. Our accents are a bit different. What do you expect? We live a hop skip and a jump away from the US. We don’t speak it as often because it isn’t as readily available. We have to work harder to keep it up.

People wonder why the French language is dying in Ontario – in Canada. I think a huge part of it has to do with the fact that the people who DO speak the language are afraid to do so in public less their coworkers or university professors chastise them.

So yeah. I was a little reluctant to audition for the role.

But I was reluctant when I auditioned for Les improbables (now, the LIF) a few years back – Toronto’s french language improv group. There, there was no judgement (other than my own perceived one) – just an open welcome and desire to play on stage in our mother tongue.

I felt that support in Ainsi va Manu, as well. I’m very grateful about that.

En français maintenant !

J’ai eu la bonne chance d’être engagé (pendant Covide, même!) dans un merveilleux project qui viens tout juste de sortir. C’est une très belle webérie au sujet des rénovictions au Toronto, qui comprends des thêmes de passage à l’age adulte et de démolir “the man.” Le tournage est magnifique et les acteurs sont formidables. Je suis fière d’avoir être capable de participer.

Vous verrez la bande-annonce ci-haut ainsi que le lien aux autres épisodes.

Linguistic insecurity

J’avais honte d’avancer mon nom pour le rôle de Mme. Gisèle parce que, même si j’ai indiqué que je suis “complètement bilingue” dans chacun de mes CVs depuis toujours, ça me rend nerveuse chaque fois qu’une nouvelle opportunité m’est offerte dans ma langue natale (oui, j’ai appris le français en premier – même que maintenant je la considère comme ma deuxième langue. Il y a une section dévouée aux personnes comme moi dans recensement canadien. C’est super cool!)

J’ai bien réussi dans mes cours de français au secondaire. Je parlais la langue probablement plus souvent que la majorité de mes collègues (dans une école francophone, je dois mentionner – pas une école d’immersion. C’était tout en français sauf, bien sûr, les cours d’anglais.) La grammaire et l’orthographe ne semblaient pas être un grand problème.

J’arrive à l’université et soudainement la grammaire – c’est un grand problème. La majorité de mes cours étaient en français dans ma première et seconde année. En deuxième année à l’université, j’ai écrit un devoir en français et j’ai obtenu un résultat de 60%. J’ai écris un autre devoir semblable, mais en anglais, et j’ai reçu un 90%. J’ai voulu en discuter avec mon prof qui m’a dit essentiellement que mon français était horrible et ensuite m’a corrigé les anglicismes au fur et à mesure que je les faisais EN LUI PARLANT.    

Ce ne serait pas la première fois que quelqu’un me critique mon français-parlé mi-conversation. 

De même, j’ai voulu maintenir mon francais. Je suis resté à Ottawa pendant près de dix ans, et je suis parti travailler en France pendant un an. 

Oh, et voici une chose très amusante qui se passe aux lieux de travail que vous ne connaissez peut-être pas – quand les anglophones savent que vous parlez français, vous devenez la personne pointe pour faire les traductions entre le français en anglais – même si vous n’êtes pas, en fait, une traductrice et que vous avez les habiletés de faire beaucoup de tâches qui n’ont rien à faire avec la traduction. Too bad. Vous allez avoir besoin de traduire quoi qu’il en soit. Eh! C’est le fun! 

J’ai quitté Ottawa, notre capitale officiellement bilingue, il y a onze ans. Les francophones sont dans une position minoritaire à Toronto et dans le sud de l’Ontario. Mais, on parle toujours la langue. Nos accents sont un peu différents, mais à quoi attendez-vous? On habite un saut de puce et un bond des Etats-Unis. On ne le parle pas aussi souvent parce que ce n’est pas aussi accessible ou disponible. Nous devons travailler plus fort pour le maintenir.

Les gens se demandent pourquoi la langue française est en train de disparaître en Ontario – au Canada. J’imagine qu’une grande partie de la raison est parce que ceux qui parlent la langue ne veulent pas le parler de peur que leurs collègues de travail ou leurs professeurs d’université ne les réprimandent.

Alors voilà. J’étais un peu nerveuse pour aller à l’audition (virtuelle) pour le rôle. 

J’étais aussi nerveuse pour l’audition avec les Improbables il y a une couple d’années – la troupe d’impro française de Toronto. (maintenant la LIF.) L’a, il n’y avait pas de jugement (sauf le mien envers moi-même) – c’était ouvert et accueillant avec un désir de jouer en scène dans notre langue maternelle 

J’ai aussi retrouvé ce soutien avec Ainsi va Manu. Et pour cela, je suis très reconnaissante.